Savoir choisir un programmateur d’arrosage

C’est un outil discret et qui sait se faire oublier. Mais il est à mon avis indispensable. Je vous explique pourquoi dans cet article, quels sont ses avantages, quels sont les options utiles, comment le choisir.
Et j’en profite pour vous donner quelques astuces sur les robinets 1/4 de tour, les indispensables raccords pompiers, et comment optimiser votre « poste de commande d’irrigation ».

Au potager, quel est votre outil préféré ? Celui que vous sortez le plus souvent ? Celui que vous entretenez avec amour ? Celui que vous utilisez sans même y penser ? Bref, quel est l’outil que vous conseillez sans hésiter à vos proches lorsque vous parlez jardinage ?

Le mien, ça va sûrement vous surprendre, c’est mon programmateur d’arrosage. Laissez-moi vous expliquer pourquoi, vous serez certainement séduit au moins d’en adopter au moins un…

Est-ce que vous avez déjà hésité à partir en WE ou à rester à une soirée improvisée parce qu’il fallait rentrer arroser ? Est-ce que vous avez déjà embêté un voisin ou un ami pour qu’il vienne arroser vos cultures pendant votre absence ? Mais surtout est-ce que vous avez déjà perdu des récoltes qui ont littéralement séché sur pied à cause d’un gros coup de chaleur que vous n’aviez pas vu venir ? Je ne sais pas vous, mais moi ça m’est déjà arrivé. Ca m’est même arrivé un petit peu trop souvent à mon goût. Mais depuis 2 ou 3 ans ces désagréments sont de l’histoire ancienne. Je peux même me permettre de partir 10 jours en plein mois d’août sans demander l’aide de personne. Aucun de mes collègues maraîchers ne se le permet jamais. Et pourtant la solution est toute bête, il suffit d’investir dans quelques programmateurs d’arrosage.

Tout d’abord, il ne faut pas confondre programmateur d’arrosage et minuteur. Un minuteur, on l’active manuellement quand on le souhaite, et il laisse couler l’eau pendant une durée qu’on aura déterminée. C’est très utile pour les têtes en l’air comme moi qui oublient de refermer le robinet, ou si on doit démarrer une irrigation au moment de l’absenter. Il faut savoir cependant que la plupart des modèles sont limités à 90 ou 120 minutes. C’est en général suffisant, mais si vous avez besoin d’arroser pendant plus de 2H, vous serez coincés.

Du côté des programmateurs, il en existe de nombreux modèles différents, et à tous les prix, mais le principe de base est toujours le même : on programme des arrosages réguliers en précisant leur durée et leur fréquence. Par exemple 30 minutes tous les 3 jours. Les durées vont en général de 5 minutes à 2H. Les fréquences vont en général de 3 fois par jour, à 1 fois par semaine. Avec un programmateur de base, vous pourrez à priori vous en sortir dans toutes les situations.

Il faut quand même savoir que des programmateurs plus évolués proposent des fonctionnalités bien utiles :

  • Par exemple la possibilité d’interrompre les arrosages jusqu’à nouvel ordre, en cas de période pluvieuse par exemple. Ou encore si on souhaite couper l’aspersion pendant qu’on va faire une bricole au jardin. Si votre programmateur n’a pas cette option, il faudra penser à intercaler un robinet juste avant ou juste après pour couper manuellement.
  • Autre fonction utile, la possibilité de lancer une irrigation ponctuelle en plus du programme normal. En fait, c’est comme rajouter un minuteur à côté de votre programmateur. On lui donne par exemple l’ordre d’arroser dès maintenant pendant 30 minutes, puis de reprendre son fonctionnement habituel.
  • Certains appareils permettent de programmer plusieurs plages horaires. Par exemple en cas de période chaude, un gros arrosage tous les 2 jours, et une rapide aspersion de 5 minutes toutes les 2H pour rafraîchir l’atmosphère. J’utilise beaucoup cette fonctionnalité, mais on la trouve sur peu d’appareils, donc posez-vous la question : en avez-vous vraiment besoin ?
  • Vous avez vu que la plupart des appareils se programment en donnant une fréquence d’arrosage. Mais en été par exemple, si je veux arroser chaque nuit de 3 à 4h du matin, il faudra que je vienne la première fois à 3h du matin pour programmer mon appareil, et lui dire de se déclencher à partir de maintenant toutes les 24h ! Je ne sais pas vous, mais moi je préfère dormir à 3h du matin ! J’ai donc choisi un appareil qui me permette de déterminer l’heure de début et l’heure de fin d’arrosage. Et je lui ai dit de se déclencher tous les 3j, de 3h à 4h du matin. Autre avantage de ce système : j’utilise des asperseurs très puissants, mais qui ont besoin d’un gros débit pour fonctionner. Si j’en utilise plus de 2 en même temps, ils n’ont plus assez de pression pour tourner. Du coup, j’ai plusieurs programmateurs : le premier se déclenche de 2 à 3h du matin, le suivant de 3 à 4, le dernier de 4 à 5. Là aussi, à vous de voir si vous tenez à cette possibilité, mais personnellement je ne pourrais pas m’en passer.
  • Certains programmateurs peuvent gérer 2 voies. En gros vous avez 2 programmateurs pour le prix d’un. Enfin, disons plutôt pour le prix d’un et demi, parce que ces programmateurs ne sont pas donnés !
  • Et enfin, il existe des centrales de programmation, qui peuvent gérer jusqu’à 4 et même jusqu’à 12 voies, mais les coûts s’envolent rapidement, c’est en général beaucoup trop surdimensionné pour un simple potager.

 

Donc, dans la pratique, je recommande d’avoir au minimum 1 programmateur pour votre circuit de goutte à goutte, et si vous voulez être à l’aise, un 2ème programmateur pour un asperseur.

Si votre budget le permet et que votre potager est plus grand, que vous voulez vraiment vous faire plaisir, que vous souhaitez plus de souplesse, par exemple pour adapter la quantité d’eau selon les cultures, c’est une bonne idée d’aller jusqu’à 3 ou 4 programmateurs.

En parlant de budget, un programmateur coûte en général de 15€ à 50€ sur internet et de 30 à 50€ en jardinerie.

J’ai trouvé les miens pour 15€ sur AliExpress, l’équivalent chinois d’Amazon. Ils sont très complets, ils ont toutes les fonctionnalités dont je vous parlais tout à l’heure. Les appareils équivalents coûtent plus de 50€ en jardinerie. Ca semble une bonne opportunité, mais j’ai quand même un gros reproche à leur faire, c’est leur qualité. J’en avais commandé 10 en cas de problème, et j’ai bien fait puisque après 2 ans d’utilisation, la moitié d’entre eux sont morts : 3 n’ont plus d’affichage, 2 ne commandent plus l’ouverture de la vanne. Même en tenant compte de ce taux de panne, ils restent moins chers que sur Amazon, mais c’est à vous de voir si vous souhaitez prendre le risque.

 

Deux petites choses à savoir sur les programmateurs d’arrosage : à part quelques modèles solaires, la plupart fonctionnent à pile. Pensez à changer ces piles tous les ans pour éviter les mauvaises surprises.

Et je recommande également de les installer à l’abris de la pluie et du soleil, et de les démonter et les remiser pendant l’hiver. Comme tous les appareils électroniques, ils dureront beaucoup plus longtemps si vous en prenez soin.

 

Si vous avez plusieurs programmateurs, je vous recommande de faire un petit montage pour organiser votre poste de commande de l’irrigation.

J’ai acheté des nourrices que l’on utilise pour les installations de plomberie. Les sorties sont trop rapprochées, j’ai donc bouché 1 sortie sur 2, et j’ai installé mes programmateurs sur les autres sorties.

L’arrivée du réseau est à un bout, et j’ai laissé un robinet à l’autre bout pour pouvoir à tout moment ajouter un tuyau ou remplir un arrosoir. Au passage je recommande très fortement les robinets quart de tour. Ils sont tellement plus pratiques que les robinets à vis classiques. Comme leur nom l’indique, on les ouvre à fond en ¼ de tour, et avec leur longue manette on peut facilement et sans forcer régler finement le débit.

Autre gadget incontournable : les raccords que l’on appelle les raccords pompiers. Avec les raccords plastiques que l’on trouve partout, j’ai eu 2 ou 3 mésaventures qui m’ont servi de leçon. Par exemple une cave inondée à cause d’un raccord qui avait sauté. Et je ne compte plus le nombre de raccords cassés.

Depuis, je suis passé à ces raccords pompiers, et je ne reviendrais pour rien au monde en arrière. Ils sont très solides, ils sont faciles à enclencher, ils ne peuvent pas se détacher tout seuls, on peut changer le joint s’il vieillit, et ils existent dans tous les standards imaginables : tuyaux d’arrosage de petit ou de gros diamètre, à visser sur n’importe quelle taille de robinet, en mâle ou en femelle… Il y a même des T, des Y avec des petits quarts de tour, des asperseurs solides en métal, et j’en passe…

Et la bonne nouvelle, c’est qu’ils coûtent à peine plus cher que les raccords plastiques.

 

Voilà donc une installation qui m’a coûté près de 100€, mais dont la valeur est inestimable. Depuis que j’en suis équipé, je peux m’absenter un WE à l’improviste, je peux rentrer un soir plus tard que prévu, et surtout je peux partir 1 ou 2 semaines en plein été sans rien demander à personne !

Oui, je crois bien que c’est mon outil préféré, qui sait parfaitement se faire oublier, et me libère du temps pour d’autres loisirs ou pour apprécier mon potager sans stresser et sans perdre un temps fou à gérer l’irrigation.

Si comme moi vous voulez que votre potager ne soit plus une contrainte, si vous voulez que votre potager soit un plaisir, investissez dans un programmateur d’arrosage !

Et s’il y a des questions que vous aimeriez que j’aborde dans un prochain article, laissez un commentaire juste en dessous.

2 réponses
  1. Olivier
    Olivier dit :

    Bonjour Didier,

    Bravo et merci de partager tes connaissances, surtout que tes vidéos sont très claires et bien expliquées, ainsi que pour les pointes d’humour. C’est très agréable à regarder.

    Je cultive un petit potager de 100 m2 en bandes permanentes de 1.20m sur 6m, 9 au total séparées par les allées de 0.50m.
    J’y passe beaucoup de temps c’est aussi une passion.
    Je cultive dans le sud, avec l’expérience et l’observation, j’ai beaucoup de réussite.

    Mais voilà, j’arrose toutes mes cultures à l’arrosoir et ça me prend beaucoup de temps.
    Je réfléchis donc à une solution qui me permettrait d’arroser au goutte à goutte l’été et par aspersion à l’automne.
    Est- ce que tu peux me mettre sur la piste d’un montage pas trop fragile que je puisse démonter et déplacer facilement.

    Je cultive (fin de printemps et été) tomates, aubergines, poivrons, concombres, haricots nains,courgettes, butternuts, oignons doux, pommes de terre (sous compost).

    Fèves et petits pois (semis novembre et récolte aux alentours d’avril).

    Betteraves, blettes, carottes, salades, navets, brocolis, poireaux que je cultive à l’automne.

    Ce calendrier est adapté à ma région relativement clémente (Perpignan).

    J’utilise du compost de plate forme tamisé ainsi que du crottin de cheval composté. Mes outils sont grelinette, croc et râteau.

    Merci et au plaisir de te lire.

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    • Didier
      Didier dit :

      Bonjour Olivier,
      Je ne sais ce qu’il s’est passé, je découvre seulement maintenant ton message. J’ai peur qu’il soit trop tard pour ta réponse. Excuse-moi 🙁
      Et je prépare d’ailleurs une vidéo sur ce sujet pour courant septembre à priori.
      Très belle fin de journée,
      Didier

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